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Resident Evil: 25 ans plus tard

C’est en 1996 que sort le premier volet de la saga Resident Evil. Alors que le 8e volet, « Resident Evil Village », vient de sortir sur les consoles de 9e génération, retour sur ce premier épisode qui a marqué en profondeur le « survival horror »

Les influences

Si le thème de l’horreur et de la survie en mode 2D se développe déjà dans le début des années 80, notamment avec des titres comme « Zombi » (inspiré par l’œuvre cinématographique de George A. Romero) sur Amiga (1986) ou encore Sweet Home sur NES (1989 – développé par Tokuro Fujiwara, père de la saga Ghosts’n’Goblins évoqué dans un article précédent) c’est tout d’abord en France qui va naître pour la première fois le style du « survival horror » 3D avec la sortie du mythique « Alone in the Dark ».

Zombi sur Amina (1986)

En 1992, le studio français Infogrames révolutionne l’univers vidéoludique en sortant « Alone in the Dark » développé par Frédéric Raynal.

Un jeu qui nous plonge dans l’ambiance lugubre et angoissante du manoir Derceto en Lousiane. Le joueur se retrouve plongé sur les traces de Jeremy Hartwood, un peintre retrouvé pendu quelques jours auparavant dans des circonstances plutôt mystérieuses. Comme ce sera plus tard le cas dans la série « Résident Evil », vous pouvez incarner différents personnages, ici soit Edward Carnby, un détective privé, ou Emily Hartwood, la nièce du défunt artiste.

La représentation 3D du jeu impressionne pour l’époque et définit une toute nouvelle façon non seulement de jouer mais aussi de concevoir le jeu vidéo. Si les graphismes, très « carrés », prêtent à sourire aujourd’hui, le jeu n’en est pas moins réussi pour autant. Raynal et l’équipe d’Infogrames établissent ici un nouveau genre basé sur plusieurs éléments: une ambiance sonore particulièrement immersive (le son des portes qui grincent, des pas sur le parquet…), une définition cinématographique des plans des différentes séquences d’action, un nombre limité de munitions qui oblige le joueur à se montrer économe ainsi que des situations trop dangereuses qui forcent ce dernier à s’enfuir plutôt que de tenter l’approche combative, vouée à l’échec.

Toutes des formules qui sont recyclées par la suite dans la sage Résident Evil et autre jeu du genre (Silent Hill, Dead Space…).

Resident Evil et Disney? Pardon?

C’est Fujiwara, créateur de Ghosts’n’Goblins et figure importante de Capcom qui, impressionné par le travail du studio français sur Alone in the Dark, commissionne le jeune Shiniji Mikami pour lancer le développement de ce qui se doit être tout simplement le meilleur jeu vidéo d’horreur de l’histoire.

Mikami a alors déjà une sérieuse expérience dans le jeu vidéo. Il a travaillé sur de nombreuses adaptions de grosses productions Disney tels que « Qui veut la peau de Roger Rabbit » pour la Gameboy ou encore « Aladdin » pour la Super Nintendo.

La version Super Nintendo d’Aladdin sur laquelle Shiniji Mikami a travaillé

L’ambition de Fujiwara est de profiter des capacités 3D exceptionnelles de la Playstation pour signer un véritable « jeu événement » . Mikami se met au travail mais n’imagine pas que ce projet aura de telles répercussions. Alors qu’il pose les bases du jeu, Mikami est convaincu que Résident Evil sera un simple « standalone », il ne pouvait plus se tromper…

Interviewé par Retro Gamer en 2021, Shiniji Mikami se souvient :

Mon premier objectif était de créer quelque chose qui pourrait apporter le niveau de frayeur qu’on pouvait ressentir en visitant un train fantôme dans un parc d’attraction, et, en restant chez soi, à la maison.

Shiniji Mikami, créateur et producteur japonais de jeu vidéo

Un succès colossal

Sorti sur PC, PlayStation et sur la Sega Saturn à l’époque, le jeu connaît un énorme succès à sa sortie et s’est écoulé aujourd’hui à plus de 100 millions d’exemplaires aujourd’hui.

Le jeu, depuis sa sortie, a connu déjà deux phases de « remastering ». Une première en 2002 et une seconde, en mode HD, en 2015. Si c’est le premier épisode d’une saga qui compte aujourd’hui un nombre important de suites, de « prequel(s) » et autre, il s’agit aussi d’une licence très importante en produits dérivés (jouets, romans, BD…) marqué aussi par le lancement d’une nouvelle série de films inspiré par l’univers du jeu, série débutée en 2002 au avec notamment Milla Jovovich dans le rôle principal.

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